Première année de vie de l’enfant ou comment éviter certains troubles dans le développement de l’enfant

Savez-vous que les fameux troubles « dys »¹, comme la dyslexie, la dyspraxie ou la dyscalculie peuvent provenir d’une mauvaise intégration de réflexes archaïques ? Au-delà de ces troubles, les réflexes jouent un rôle majeur sur la posture future de l’être humain et sur la capacité à gérer ses émotions. Tour d’horizon des bonnes pratiques à adopter.

Favoriser la motricité libre

Les mouvements rythmiques que le bébé fait naturellement lui permettent de stimuler la croissance et les ramifications des cellules nerveuses et la myélinisation de leurs fibres. 

Maturation du cerveau, de quoi parle-t-on ?

« La formation du système nerveux central (SNC) débute dès la 3e semaine de gestation. La migration cellulaire cérébrale commence dès la 8e semaine in utéro. Plus de 100 milliards de neurones sont produits durant l’embryogenèse du cerveau humain, mais plus de 80 % de neurones dans certaines régions du cerveau disparaissent par apoptose (mort cellulaire programmée) pour accroître l’efficience cérébrale avant même la naissance. »²

La myélinisation du cerveau est le processus par lequel des cellules spécialisées dans le cerveau et dans le système nerveux périphérique, produisent une substance graisseuse appelée myéline. Cette gaine de myéline entoure les axones des neurones, améliorant la vitesse de transmission des signaux électriques entre les cellules nerveuses et favorisant le développement cognitif et moteur chez les nourrissons et les enfants.
En bref, c’est comme l’ajout de gaine isolante autour des fils électriques. Cette gaine, appelée myéline, aide les messages électriques à voyager plus rapidement le long des nerfs, ce qui rend notre cerveau plus rapide et efficace dans ses fonctions. Ce processus commence in utéro et se produit surtout quand nous sommes bébés et enfants, mais continue un peu tout au long de notre vie pour maintenir notre cerveau en bonne santé. 

La maturation du cerveau se fait pendant toute l’enfance mais elle a lieu principalement pendant la première année de vie. Durant cette période s’établissent les fondations propices à son développement futur. On estime à 4,7 millions le nombre de ramifications créées par minute dans le cerveau d’un nouveau-né.

Développement des connexions de l'enfant

Bien sûr, un bébé a besoin d’être touché, câliné, porté, qu’on lui parle, qu’on le regarde dans les yeux, qu’il se sente écouté. Mais il a surtout besoin d’être autorisé à bouger librement, pour stimuler le néocortex et assurer le développement correct des réseaux des neurones. 

A savoir : un bébé dans un transat, un cosy, une poussette ne peut pas expérimenter ses mouvements, contrôler sa tête. Il ne peut pas muscler suffisamment et entraîner son tonus musculaire, pourtant indispensable pour lever sa tête, se déplacer, s’asseoir.

Le bébé doit expérimenter le retournement, le ramper, le 4 pattes, apprendre à coordonner ses gestes et trouver un équilibre postural. Toute entrave à ces mouvements ou manque de stimulations peut entraver la maturité neuronale et donc avoir des répercussions négatives sur ses apprentissages, son comportement et sur sa vie d’adulte future

Je vous ai mis en dessous 2 liens vidéo de Baby Liv faites par Fedelnkrais :

Vous pourrez y observer les mouvements que le bébé doit faire pour intégrer ses réflexes, muscler son tonus musculaire, et tous les mouvements nécessaires afin d’acquérir la marche autonome. Pour se faire, le bébé doit être au sol.

Respecter l’enfant dans la découverte de la marche, pas le diriger

La plupart des parents sont adeptes de la « marche forcée » sans s’en rendre compte. Ils veulent voir leur enfant plus autonome en leur « apprenant » à marcher plus vite. Mais tenir son enfant par la main pour l’aider à marcher ne leur permettra pas de marcher plus vite. 

En effet, cette stimulation de la marche ne respecte pas le développement du rythme du bébé. S’il ne marche pas, c’est que son tonus musculaire n’est pas encore prêt pour la position debout ! Il est donc très important de respecter le rythme et le développement qui se fait par étape. 

Un bébé apprend à marcher seul, après avoir franchi les étapes de son développement : découverte du sol, de ses appuis, du retournement, du 4 pattes… Au terme de ce parcours, il va comprendre qu’il peut se lever, se déplacer debout en se tenant lui-même à des supports, avant de prendre appui sur ses pieds pour avancer. 

A savoir : un bébé qui ne se lâche pas est un bébé qui ne se sent pas suffisamment en sécurité pour le faire. Vivre ses expériences de manière autonome lui permet de s’approprier son corps, son environnement et de grandir en intégrant petit à petit ses réflexes archaïques.

La diversification alimentaire est une autre phase clé de la structuration du corps, du cerveau du petit être humain et donc de l’intégration des réflexes archaïques. La diversification menée par l’enfant (DME) permet au bébé d’acquérir son autonomie alimentaire en utilisant tous ses sens au moment qui convient à son développement.

Un accompagnement précoce permet donc un bon développement cérébral, un bon tonus musculaire et une bonne intégration des réflexes. L’objectif est de redécouvrir les mouvements du fœtus, du bébé qui manquent et qui sont pourtant indispensables pour l’intégration de ces réflexes. Un accompagnement proposé pour les femmes enceintes, les bébés, les bambins et les enfants.

1. Les troubles DYS sont des troubles spécifiques d’apprentissage qui touchent la façon dont le cerveau traite l’information. Bien qu’ils puissent poser des défis, ils ne définissent pas les personnes qui en sont touchées. 
2. https://www.elsevier-masson.fr/media/wysiwyg/PDF/FR/9782294777202.pdf
3. De la naissance aux premiers pas, Michel Forestier, édition Eres

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