Intégration des Réflexes Archaïques

 

L’intégration des réflexes archaiques

«Les réflexes du nourrisson influencent le développement moteur et ce dernier est d’une importance cruciale pour le développement du cerveau, pour les processus mentaux et intellectuels de la vie future de l’individu. Non seulement les réflexes archaïques constituent la base neurologique pour développer le contrôle de nos mouvements, mais ils sont importants car ils nous protègent et nous aident à survivre dans des situations de stress ».

S.Masgutova

Que sont les réflexes archaïques  ?

Les réflexes archaïques ou primitifs sont des mouvements automatiques, involontaires que l’on observe chez le nouveau-né en réaction à des stimuli sensoriels spécifiques. La plupart émergent in-utéro. Ils maturent ensuite pendant la naissance et s’intègrent principalement pendant la première année de vie de l’enfant.

Les réflexes permettent d’effectuer les mouvements nécessaire au développement du cerveau et du système nerveux du fœtus. C’est grâce aux mouvements réflexes du corps que les fibres nerveuses vont pouvoir se développer et former un réseau de communication entre toutes les parties de son système nerveux afin d’acquérir la pleine maturité du cerveau, et de ce fait, lui permettre d’accéder à de nombreuses compétences.

Peu à peu , les mouvements involontaires font place à des mouvements contrôlés, volontaires, ce qui permet aux personnes de contrôler chacune des parties de leur corps volontairement et indépendamment les unes des autres. Les réflexes intégrés procurent également une disponibilité posturale, intellectuelle, émotionnelle, un état de sécurité intérieure et permettent une meilleure gestion du stress. Ils permettent également une meilleure compréhension des autres et de notre environnement.

Conséquence d’un réflexe non intégré ou mal développé

Chez certaines personnes les réflexes peuvent ne pas s’être développés ou sont mal intégrés.

La non intégration d’un réflexe peut être la cause d’un « parasitage » des trois sphères cognitive, émotionnelle et corporelle et risque de se manifester quand nous sommes sous stress ou en situation d’apprentissage. Un réflexe non intégré va « surcharger » le système nerveux et en réduire de ce fait la disponibilité. Les apprentissages physique, émotionnel ou cognitif s’en trouvent affectés.

Chez les enfants, des réflexes non intégrés peuvent engendrer des difficultés d’apprentissage, de l’hyperactivité, des troubles de l’attention, des problèmes de coordination, des difficultés à rester assis longtemps et des enfants qui n’aiment pas le contact de leur dos avec le dossier de la chaise, des difficultés à recopier au tableau, difficultés dans les activités de motricité fine… L’enfant ne va pas pouvoir se concentrer sur ses apprentissages et va devoir trouver des stratégies pour compenser : tourner sa feuille et/ou poser sa tête sur la table pour écrire, enrouler ses jambes autour des barreaux de la chaise, s’assoir sur une de ses jambes, serrer anormalement son stylo et appuyer fort quand il écrit, s’assoir en W…

L’enfant peut aussi avoir des problèmes d’énurésie, être gêné par les étiquettes des vêtements, avoir des difficultés à marcher à 4 pattes, trébucher/tomber souvent, avoir difficultés de langage et d’articulation…

Chez les adultes, cela peut engendrer du stress, un repli sur soi, des difficultés à faire des choix, des problèmes vestibulaires, des troubles du sommeil, des difficultés à communiquer notamment en public, un faible tonus musculaire, une posture voûtée, des phobies, des difficultés à regarder les gens dans les yeux, une dépendance, de l’impulsivité, des difficultés de concentration…

Comment réintégrer les réflexes archaiques ?

L’Entraînement aux Mouvements Rythmiques (RMTi®) est une approche éducative sensori motrice qui permet d’intégrer les réflexes archaïques non intégrés par la répétition de mouvements imitant les mouvements du nouveau né, et qui permet donc la maturité du cerveau. Lorsque le corps repasse par les différentes étapes du développement de l’enfant, des connections nerveuses se créent, quelque soit l’âge de la personne, permettant ainsi à l’individu de continuer les différents apprentissages de la vie.

Cette méthode n’est en aucun cas une méthode thérapeutique. Elle ne remplace pas des suivis médicaux ou paramédicaux. L’intégration des réflexes archaïques est un complément aux suivis et prises en charge déjà existants.

Les effets des mouvements Rythmiques sur le comportement

*Ils exercent une stimulation sensorielle qui permet l’amélioration de l’attention, la concentration, de réduire l’hyperactivité et l’impulsivité,

*Ils éveillent le néocortex via le tronc cérébral ce qui améliore la concentration et l’attention,

*Ils stimulent le cervelet et ses connexions au cortex préfrontal ce qui améliore l’attention, la concentration et réduit l’impulsivité,

*Ils stimulent les ganglions de la base et intègrent les réflexes primitifs ce qui aide notamment l’enfant à réguler son niveau d’activité et rester au calme,

*Ils augmentent le tonus musculaire des extenseurs ce qui améliore la posture, l’endurance, la respiration.

L’entraînement au Mouvement Rythmique permet donc :

  1. d’intégrer les réflexes
  2. de créer des connexions neuronales
  3. de mettre en place les fondements posturaux
  4. de stimuler les sens

Voici un exemple que j’utilise souvent pour illustrer les conséquences diverses de réflexes non intégrés, car à vrai dire, tout le monde devrait travailler sur ces réflexes car on a tous des réflexes non intégrés. Seulement, pour avancer, on trouve des compensations. Parfois, on ne se rend même pas compte que l’on compense.
Sauf que ces stratégies compensatoires que l’on met en place nous pompent notre énergie, occupent notre cerveau, nous fatiguent.

L’exemple du caillou dans la chaussurevous partez en randonnée et vous avez un caillou dans la chaussure que vous ne pouvez pas enlever. Vous allez finir votre randonnée certes, mais dans quel état ?
D’abord, les autres commencent à avancer, mais vous vous commencez par taper sur le côté de votre chaussure à plusieurs reprises pour essayer de caler le caillou de façon à ce qu’il vous dérange le moins possible. Vous avez déjà vécu cette situation peut être? ça vous parle ? 🙂
Ensuite, vous allez forcément avancer moins vite car vous avez ce caillou qui vous dérange. Il se peut que les autres vous traitent de lent-e, se moquent de vous. YOUPI pour l’estime de soi !!
Les autres ont le temps de faire des pauses pour vous attendre, ils peuvent observer le paysage magnifique. Mais vous NON, car quand vous arrivez à leur niveau, et bien eux repartent car ils se sont déjà reposés. Donc vous, pour ne pas être plus « à la traîne », vous ne prenez pas le temps de faire une pause, de regarder le paysage, de vous reposer. Vous continuez votre chemin, frustré-e de ne pas pouvoir profiter de cette randonnée comme vous l’imaginiez.
Et puis, vous finissez par arriver, complètement épuisé-e, en colère (contre vous, contre les autres qui ne vous on pas permis d’observer le paysage et de vous reposer car, c’est vrai, ils auraient pu attendre quand même !!), sans parler que vous vous sentez nulle, que vous avez mal à la cheville car vous avez du la tordre tout le long, mal au dos…. Vous avez beau leur dire aux autres que vous avez fait de votre mieux avec votre « caillou handicap », ils s’en moquent. Et ça vous énerve d’autant plus de ne pas être compris-e.

Voilà en gros ce que l’on vit au quotidien, de façon plus ou moins importante suivant la grosseur du caillou, et notre capacité à bien le ranger dans notre chaussure pour qu’il nous dérange le moins possible

Écrit par Frédérique Séguy